Varanasi, ou Bénarès, est l’une des plus fameuses et anciennes cités religieuses indiennes, et aussi l’une des concentrations de tisserands la plus élevée du pays. Macaulay statua déjà de la richesse et de l’importance commerciale du savoir-faire local, affirmant que “des métiers à tisser de Bénarès partaient les soies les plus délicates pour aller orner les murs de Saint-James et de Versailles.”

 

tisseur

Le cluster de Varanasi regroupe environ 100'000 tisserands selon les données gouvernementale, dont seuls 40 pourcent sont actifs (selon d’autres sources, ils sont entre 125'000 et 250'000 dans la ville et ses environs, la population totale du district de Varanasi était de 3,15 millions en 2001, et l’agglomération comptait 1,4 million d’habitants). La rémunération des tisserands rencontra une baisse de 30 à 40 pourcent durant cette dernière décade, corollairement à la baisse généralisée de la demande pour les tissés mains. En d’autres termes, si un tisserand gagnait cent roupies il y dix ans, il touche aujourd’hui 60 roupies, l’équivalent de 1.5 USD, sans tenir compte de l’inflation. 70 pourcent des tisserands sont urbains et localisés dans des quartiers spécifiques. 90 pourcent des tisserands urbains sont musulmans, à la différence des villages, où ils sont 30 pourcent, les 70 pourcent restant sont pour l’essentiel des hindous de basses castes. 95 pourcent des tisserands de Varanasi sont des tâcherons.

 

Le zari et la soie sont les principaux fils utilisés à Varanasi. Le Zari le plus couramment utilisé est un fil de polyester doré ou argenté, provenant du Gujarat; les autres Zaris sont soit un fil de polyester fini à l’or, à l’argent ou avec du cuivre véritable, soit des fils de métal précieux. La soie est indienne ou chinoise, la première convient au tissage de tissus lourds et la seconde est principalement utilisée pour la production de tissés légers, notamment de l’organza. Les saris restent la production dominante du cluster, représentant plus de 90 pourcent des tissés main. Les brocarts bouddhistes sont une autre production traditionnelle de la localité, destinée au Népal et au Tibet voisins, et aussi à la communauté bouddhiste de par le monde. Le Dalai Lama visite régulièrement Varanasi pour acquérir les brocarts nécessaires à l’accomplissement de ses obligations religieuses.

 

Plus sur les bénéficiaires de l’action de JULAHA à Varanasi.